Semaine 1

Premiers jours de l’année nouvelle. Retour à la normale ; moins de monde, d’agitation. Peu à peu la ville retrouve son visage ordinaire. Seules les guirlandes électriques pendent encore au-dessus des rues, mais elles ne s’allument plus la nuit tombée. Éteintes, elles demeurent aussi ternes qu’en plein jour ; et les parures hier si scintillantes font aujourd’hui bien toc.

J. Quarante cinq ans à peu près. Un bon mec, hyper sociable et sympa, qui s’émerveille d’être à ce point sociable et sympa.

Dans le cadre de la parole publique, il convient de s’exprimer d’une façon particulière : le propos doit être clair, limpide, assuré, le débit fluide et ne marquant pas ou peu d’hésitation ; à la télévision, comme à la radio, il est généralement mal venu de chercher ses mots. Ceux-ci sont d’ailleurs choisis, polis, vernissés. Des mots convenus et calibrés, dociles et blancs du col. Il est des règles du discours auxquelles il convient d’adhérer, des registres sémantiques et lexicaux qui par leur usage fréquent finissent par s’imposer et définir la norme. Il ne reste alors plus de place pour une parole spontanée, un verbe original et brut : pour avoir accès aux médias, pour que sa parole soit relayée, il faut à tout prix entrer dans le cadre et en épouser la norme, au détriment d’une expression première et personnelle. Si bien qu’une certaine forme de visibilité n’est possible qu’à partir du moment où l’on accepte un certain degré d’effacement. Suprême paradoxe !

L’intelligence dont certains parfois nous soupçonnent fait croître notre malheur de nous savoir idiots.

Approcher d’un tableau. En pénétrer la matière. Observer les traces et les mouvements de la peinture. Retrouver la main, le geste du peintre. Sa présence.

J’aime la peinture figurative, c’est-à-dire la peinture ayant un souci du réel, sans jamais se laisser enfermer dans un quelconque réalisme.
J’aime la peinture abstraite, dès lors qu’elle ne dissout pas complètement le sujet.

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