Semaine 2

Macron à la télé. Me revient le mot de Blanqui, qui voyait en Louis-Philippe « la boutique incarnée ».

Parole claire, limpide, assurée. Débit fluide et sans accrocs. Pas de blanc, d’hésitation. La langue médiatique annule le silence. Donc annule la langue.

Deux ans de prison dont neuf mois fermes pour les anciens de chez Goodyear. La guerre constante, totale, brutale, menée par le capitalisme libéral et financier contre les peuples.

« Le changement, c’est maintenant ! » claironne le socialiste qui ne veut pas en démordre en changeant à Nation.

Horloge interne ? Biologie lexicale ? Climat de mon texte ? Un frisson parcourt la page. Ça remue sec dans la volière ! Les remuements et les rémiges annoncent l’exode à venir. Les râbles et les poêles et les geôles seront bientôt à découvert. Confusion diacritique. Migration de circonflexes. Ils battent des ailes et s’envolent en nuées vers des horizons plus cléments.

Je ne dis rien, mais je n’en pense pas plus.

Le terrorisme selon Aron : « Peut-être considérée comme terroriste toute action dont l’impact psychologique dépasse de très loin les effets proprement physiques. » Il a suffi d’une dizaine d’hommes armés jusqu’aux gencives pour entraîner une modification de la Constitution. Les décisions des gouvernants, leur sur-réaction, leur raideur martiale, leur spéculation sur la peur participent amplement à l’onde de choc. Intempérance sécuritaire, prolongement de la terreur : l’Etat se révèle alors un rouage essentiel de l’acte terroriste.

Juger d’une idée, de sa pertinence, plutôt que de la réputation de celui qui la porte.

(Ôui. Bôn. Îl fallaît tôut de même bîen qu’îls se pôsent quêlque pârt.)

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